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Novethic

Le projet de mine de Bauxite de Vedanta rejeté

27 août 2010

Après des mois d’une intense mobilisation de la part des tribus indigènes, dont celles des Dongria Kondh, des défenseurs de l’environnement et de certains investisseurs, le gouvernement indien a finalement refusé d’accorder une autorisation d’exploitation de la mine de bauxite de Niyamgiri à Vedanta.

Après des années de lutte contre le projet d’installation d’une mine de bauxite alimentant une raffinerie du géant indien Vedanta, c’est finalement la petite tribu des Dongria Kondh qui a eu le dernier mot. Le 24 août, le gouvernement indien a gelé le projet lancé en 2005. Pour le ministre indien de l’environnement et des forêts, Jairam Ramesh, la compagnie a en effet fait preuve d’un « choquant » et « flagrant mépris pour les droits des groupes tribaux » et assuré qu’il ne donnerait pas son feu vert tant que la compagnie ne respecterait pas les lois forestières ainsi que la volonté des communautés concernées. Lire


Novethic

Déchets électroniques : l’Inde veut stopper les importations anarchiques

24 août 2010

Envahie par les déchets électriques et électroniques, l’Inde se dote progressivement d’une filière de recyclage spécifique et ferme ses frontières aux importations anarchiques. Une stratégie délicate à mettre en œuvre, puisque 90% du traitement de ces déchets se fait aujourd’hui sur le circuit informel.

Le 22 février dernier, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) publiait un rapport inquiétant sur la prolifération des déchets électriques et électroniques (DEEE), notamment en Inde. En cause, la consommation croissante d’appareils électroniques par les ménages indiens, et surtout, les 50 000 tonnes d’appareils de seconde main, importés chaque année, essentiellement des États-Unis, des Émirats Arabes Unis et d’Union Européenne. D’après le PNUE, les décharges indiennes seraient ainsi vouées à recevoir cinq fois plus d’ordinateurs et dix-huit fois plus de téléphones portables d’ici 2020. Une situation sanitaire qui préoccupe de plus en plus le gouvernement central, car ces déchets toxiques (ils renferment des métaux précieux tels que l’or ou l’argent, mais aussi du cadmium, de plomb et du mercure) sont « traités » à 90 % par le circuit informel. Des centaines de familles rachètent ces appareils en fin de vie pour les désosser, en extraire la matière valorisable et la revendre, assurant ainsi un revenu minimum pour leur foyer. Lire


Les Amis de la Terre

A partir du 21 août, l’humanité vivra à crédit !

23 août 2010

Ce samedi 21 août marque une limite symbolique en tant que « jour du dépassement » : nous aurons à ce jour entièrement consommé le budget écologique annuel de la Terre. La consommation mondiale en ressources naturelles surpassera les capacités biologiques de renouvellement de ces ressources, plongeant tous les habitants de la planète dans une « vie à crédit ». Pour dénoncer la surconsommation des ressources naturelles et promouvoir l’équité dans leur accès, les Amis de la Terre lancent une mobilisation nationale autour du jour du dépassement qui culminera le 25 septembre.

  • Pour en savoir plus, consultez le site des Amis de la Terre en cliquant ici.

MASSIAH Gustave

Un passionant Forum Social des Etats-Unis (US SOCIAL FORUM)

30 juin 2010

Le Forum Social des Etats Unis (USSF) qui s’est tenu à Detroit, du 22 au 26 juin 2010, a été un grand succès, un des événements majeurs de l’Année globale d’action 2010 du FSM.

Plus de 15000 personnes ont participé à l’USSF (13500 inscrits payants au matin du deuxième jour). Environ 2000 associations, pour plupart des mouvements de base, ont animé 1300 ateliers et initiatives autogérées. Le plateau culturel a été activement présent et animé. L’enthousiasme des participants a été constant pendant tout le forum, particulièrement pour la marche de départ et les cérémonies d’ouverture et de clôture.

Les participants étaient à une très grande majorité très jeune. La mixité était totale du point de vue du genre, des âges et des origines. On y retrouvait mêlés toutes les composantes de la société américaine, des natives, des européens, des afro-américains, des latinos, des asiatiques et, moins nombreux, des arabes. La présence commune n’annulait pas les contradictions, dans les références et les préoccupations. Des discussions ont été fortes notamment sur les contradictions entre les afro-américains et les natives.

Le choix de Detroit a mis la crise au centre des débats. La ville est bombardée par la crise. Près de 40% des bâtiments sont abandonnés, murés et en ruine. Seul le centre a été réhabilité ; ailleurs les maisons sont en lambeaux dans des quartiers entiers. Une partie significative de la population n’a pas accès à l’eau et à l’électricité. Les coupures sont fréquentes. Les services publics sont en crise permanente, à la dérive, avec le passage de la population de 2 millions d’habitants à 0,8 millions. Des écoles à l’abandon sont nombreuses. Pendant le forum la municipalité a annoncé son intention d’arrêter l’entretien et de fermer 120 parcs et jardins. La crise, d’abord celle de l’industrie automobile américaine, a commencé il y a déjà longtemps. Elle a été accélérée par la crise immobilière et économique en cours. Detroit est ainsi un exemple achevé du modèle capitaliste et de sa crise. Detroit est aussi une des villes des Etats-Unis qui a été marquée dans toute son histoire par des grandes luttes ouvrières et par des révoltes urbaines. Plusieurs des leaders de ces luttes ont été présents au forum et ont participé à ce passage entre les générations militantes.

L’impact du forum sur la ville a été relativement faible, sauf dans certains secteurs. Les médias locaux ont fait modérément état du forum. La population de la ville est concentrée sur ses problèmes et sur les difficultés de la vie quotidienne. Un des participants a fait état de la contradiction entre « high tech », une grande part des participants avait leur ordinateur, et « low-tech », une partie des habitants étaient privés d’eau et d’électricité.

L’impact sur les Etats-Unis est le pari majeur de l’USSF. La naissance d’un mouvement social américain est un enjeu considérable. Des premiers pas ont été effectués. La détermination et l’énergie des mouvements de base étaient impressionnants. Ils venaient de toutes les parties des Etats-Unis et portaient toutes les mobilisations en cours dans la société américaine.

Le mouvement social américain se construit à partir des mouvements de base, des « grass-roots ». Il s’organise sur les grandes questions de la vie politique, la pauvreté, l’emploi, les femmes, les discriminations, les migrants, l’environnement, la guerre, l’impérialisme US, etc. Il discute de la situation politique et de la scène politique formelle mais avec une volonté affirmée de préserver son autonomie. Dans les discussions sur la situation politique, je retiens deux analyses sur la droite US et sur la présidence Obama.

La première concerne la droite US, son implantation, sa stratégie de financement et d’organisation de ses mouvements de base, ses offensives idéologiques, son contrôle des médias et de la bataille des idées, sa capacité de jouer sur la peur et la xénophobie. La droite US n’a pas été affaiblie, elle conserve toutes ses chances de conquérir la majorité du Sénat et la Maison Blanche.

Sur la présidence Obama, les discussions étaient nombreuses mais je ne les ai pas trouvées très passionnées. Pas de grande attente mais pas non plus de grande déception. Le rappel que de voir des africains à la Maison Blanche reste important sur le plan symbolique et que la bataille pour un système public de santé n’était pas négligeable. Le rappel aussi que le poids des structures administratives et politiques et des pesanteurs de la société américaine et que l’action coordonnée des grands groupes de pression, les militaires, les multinationales, les médias, étaient omniprésents. Une analyse résumait bien un certain attentisme : aux Etats-Unis, un gouvernement de « centre-gauche » au sens américain du terme, ne remet pas longtemps en cause la légitimité de la droite.

Plusieurs questions controversées ont été soulevées sur les rapports entre les mouvements et la scène politique : comment discuter des élections ; comment articuler la priorité aux questions sociales et environnementales internes avec la remise en cause de la position dominante de l’impérialisme américain ; etc.

Ce qui a marqué l’USSF, c’est la présence massive des mouvements de base, des « grass-roots ». Elle a été accompagnée de méthodes correspondant à la culture américaine, très participative : parole partagée, un homme, une femme, priorité de parole aux « minorités », pas plus de deux interventions par personne, éclatement en groupes de discussion après les premières interventions, manifestation bruyante de solidarité et d’approbation, interventions slamées, etc. L’ambiance générale qui se dégageait était celle d’une très large assemblée éclatée et très démocratique.

Les thèmes de débat portés par les mouvements recoupaient assez largement ceux des autres forums avec des forts caractères spécifiques accentués par les expériences des mouvements de base. Ainsi par exemple sur les migrants, les ateliers partaient de la frontière mexicaine, des différentes régions, de « des ponts pas des murs », etc. Ce qui était central c’était le référendum en Arizona, la criminalisation des migrants, le slogan repris partout « we are not illegal, we are human being ! » Le sommet sur la pauvreté a été inauguré par la marche des pauvres depuis la Nouvelle Orléans et par le Tribunal des femmes contre la pauvreté. Les mouvements de femmes ont été présents dans tous les débats. Les mouvements des natives et des afro-américains ont été très présents et très écoutés. Les questions du chômage ont été marquées par « Jobs with justice ». Les syndicats étaient très présents, Unite mais aussi AFL CIO. L’environnement a été abordé par plusieurs aspects, l’eau et Climate justice. L’éducation et la santé ont été très largement suivies. La question de la violence a surtout été abordée à partir des armes. Le mouvement contre la guerre était largement présent. La Palestine et l’Amérique Latine ont été abordés dans un très grand nombre d’ateliers.

Parmi les débats organisés, celui entre Immanuel Wallerstein et Grace Boggs, une des grandes figures des luttes américaines qui a fêté ses quatre vingt quatorze ans a attiré plusieurs centaines de jeunes américains fascinés et très soucieux d’inscrire leurs engagements dans la mémoire des luttes sociales américaines et dans les débats intellectuels sur la compréhension du monde.

Trois séances plénières ont été organisées. La première, « de Detroit aux Etats-Unis », a porté sur les luttes sociales à Detroit sur les mots d’ordre : Another world is possible, another US is necessary, another Detroit is happening. La deuxième « des Etats-Unis au monde » a donné la parole à des représentants des mouvements en lutte dans le monde et aux migrants. Un moment très fort a été la déclaration d’une soldate afro-américaine du mouvement des vétérans contre la guerre en Irak, rappelant les mouvements contre la guerre au Vietnam. La troisième séance plénière a porté sur les alternatives autour des résistances et des pratiques d’émancipation. On a pu noter une très grande convergence avec les propositions d’alternatives discutées dans les différents forums depuis celui de Porto Alegre en 2010.

Une des innovations les plus intéressantes a été celle des People Movements Assembly, les Assemblées de mouvements populaires. Cette proposition est de même nature que celle des Assemblées qui ont eu lieu à Belém. Elles sont orientées vers deux préoccupations majeures : des propositions d’action et la solidarité. Par rapport à Belém, elles ont fait l’objet de préparations par des rencontres et des réunions des groupes de base avant le forum. Par exemple, l’assemblée Climate justice a été préparée par une cinquantaine de réunions dans différentes régions des Etats Unis. Il y a eu environ 50 assemblées qui ont eu lieu avant le forum et 52 assemblées pendant le forum. Celles qui le voudront pourront continuer après le forum.

La rencontre nationale des People movements assembly a été comparable, en plus dynamique, à l’Assemblée des assemblées de Belém. Elle a commencé par un film collectif donnant à voir les travaux des assemblées et ensuite des interventions courtes (effectivement courtes) citant les propositions d’action des principales assemblées. La démarche n’est pas encore aboutie, mais les progrès sont nets depuis Belém.

Citons aussi une consolidation du processus à travers la création d’une association des fondations et associations qui veulent soutenir le processus de l’USSF et du FSM. Près de trente soutiens (funders) ont décidé de travailler en commun dans le respect de l’autonomie des mouvements de l’USSF et de son processus. Ils ont affirmé leur intention de soutenir l’émergence d’un mouvement social américain, construit à partir des « grass-roots » et de la diversité et affirmant une nécessaire transformation radicale de la société américaine et de la société mondiale.

Le deuxième USSF a confirmé et dépassé les espoirs du premier USSF à Atlanta. C’est un processus difficile qui se déploie depuis Seattle. On lira dans l’excellente interview de Michael Guerrero, un des organisateurs du forum, interviewé par Nicolas Haeringer, reprise ci-dessous la difficile et passionnante histoire de ce processus et l’espoir qu’il suscite.

Les organisateurs et les participants de l’USSF sont d’accord là-dessus. Le renouveau du mouvement social et citoyen des Etats-Unis n’aurait pas été possible sans le processus du Forum Social Mondial. C’est une vérification, au-delà des difficultés et des limites, de l’actualité et de la vigueur du processus du FSM. 


HAERINGER Nicolas

Un forum social aux États-Unis, entretien avec Michael L. Guerrero

28 juin 2010

Detroit accueille en ce moment même la deuxième édition du Forum Social des États-Unis. Retour sur le processus, avec l’un de ses organisateurs, Michael Leon Guerrero.

Mouvements : Comment as-tu commencé à participer aux mobilisations altermondialistes ?

Michael Leon Guerrero : En 2002, je travaillais pour une organisation basée au Nouveau Mexique, le « South-West organizing project ». Nous menions des projets locaux, principalement auprès des Chicanos et des Latinos, sur la justice environnementale et la justice sociale, sur le racisme, et tout un tas d’autres problèmes locaux. Nous avions cependant une dimension internationale, nous menions des projets de solidarité internationale. Et, bien sûr, nous avions pris part à la « Bataille de Seattle », en décembre 1999. Je n’y étais personnellement pas, et je n’avais jusqu’alors pas beaucoup participé aux mobilisations du mouvement altermondialiste. Ma première expérience, ça donc été le Forum Social Mondial. J’ai fait partie de la délégation de la quarantaine d’organisations états-uniennes qui ont participé au FSM 2002. Cette expérience m’a transformé et a changé ma vie. Je n’avais encore jamais vu de mouvements de ce genre, des organisations de cette échelle, aussi importantes. Ça a lancé des discussions extrêmement intéressantes dans la délégation US : nous nous sommes demandé ce que nous faisions mal, ou ce que nous ne faisions pas du tout. Pourquoi n’avions-nous pas de mouvements de cette taille aux USA ? Pourquoi nos organisations n’arrivaient-elles pas à dépasser un certain stade dans leur développement ? Lire


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