Voir aussi la fiche de Ritimo sur "L’enjeu alimentaire"
Ce texte, publié originellement en espagnol par SACSIS, a été traduit par Pierre-Michel Lafforgue, traducteur bénévole pour rinoceros. Le "thé rouge" rooibos est spécifique à l’Afrique du Sud comme le champagne l’est à la France et le parmesan à l’Italie. Cela devrait être l’une de nos plus criantes réussites, apportant une rampe de lancement à ses propriétaires traditionnels, les peuples indigènes qui l’ont fait connaître aux colons dans ses montagnes Cederberg natives. Mais, tandis que les parts de (...) lire
Il est entendu qu’aujourd’hui, la Politique agricole commune (PAC) se décline en deux piliers, d’une part celui de la politique du marché et des prix et d’autre part celui de la politique de développement rural. Cela veut dire que formellement, à ce jour, la politique rurale européenne est du ressort de la politique agricole. S’il est vrai à ce sujet que la politique rurale est largement définie par le pôle agricole, il existe également, dans le monde rural, une série d’initiatives qui pourraient (...) lire
Comment expliquer qu’on soit toujours confronté à la faim au 21ème siècle ? Un habitant de la planète sur sept souffre de la faim en permanence. Les causes sont connues : une injustice profonde dans la distribution des richesses, un accaparement des terres par une minorité réduite de très grands propriétaires. Selon la FAO |1|, 963 millions de personnes souffraient de la faim en 2008. Structurellement, ces personnes appartiennent paradoxalement à la population rurale. Ce sont en majorité des (...) lire
La production mondiale actuelle d’aliments est supérieure à la capacité de consommation des humains. Ainsi, nous pouvons constater que la faim n’est pas la conséquence d’une baisse de productivité ou d’une faible production d’aliments dans le monde. La question, cependant, est la suivante : comment les 860 millions d’humains qui ont faim peuvent-ils avoir accès aux aliments ? Des alternatives techniques, comme les OGMs, pourraient-elles contribuer à la lutte contre la faim ? Les questions politiques (...) lire
Il y a un mois environ, j’ai visité quelques boutiques au centre de Ouagadougou pour voir quel riz on trouvait sur le marché, et à quel prix. J’ai été surpris de trouver, dans une même boutique, du riz en provenance de Thaïlande, du Vietnam, du Burkina, mais aussi du riz américain appelé « riz du Cathwel », et enfin du riz dit japonais, mais en provenance de Californie (USA). Le vendeur a commencé par me montrer les riz Thaïlandais et Vietnamien. Ils étaient commercialisés en sacs de 50 kg à 20 000 F le (...) lire
Frappés par la crise alimentaire mondiale, plusieurs pays sont partis à l’assaut de terrains étrangers. D’énormes opérations d’acquisition sont en cours, notamment dans des régions frappées par la faim.
Sauf secret bien gardé, c’est à ce jour la plus importante transaction du genre : la Corée du Sud vient de révéler qu’elle va louer 1,3 million d’hectares de terre à l’État malgache, dans le but d’y produire des denrées agricoles qui seront rapatriées sur son marché domestique. Les parcelles seront cultivées dès 2009 en palmiers à huile et surtout en maïs. Ce dernier pourrait pourvoir à terme la moitié des besoins de la Corée du Sud, quatrième importateur mondial de cette céréale. La superficie qui sera mise en culture, vaste comme trois départements français, représente plus de la moitié des terres actuellement cultivées de l’île. Le conglomérat Daewoo, qui agit pour le compte du gouvernement coréen, s’empresse d’informer qu’il s’agit de terres non cultivées à ce jour, dont il financerait la mise en valeur à hauteur de 6 milliards de dollars d’investissement en infrastructures – mise en culture, routes, port, etc. Les techniciens et l’encadrement viendront de Corée et d’Afrique du Sud, avec les méthodes et la technologie de l’agriculture industrielle dans leurs bagages. Comptant sur la création de 70.000 emplois locaux, principalement d’ouvriers agricoles, l’État malgache se contenterait de ces contreparties, renonçant même à percevoir un loyer en bonne et due forme pour la terre, selon le Financial Times, qui révèle l’accord. Le bail serait signé pour 99 ans.
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La synergie actuelle entre la crise alimentaire et la crise financière a déclenché un nouvel « accaparement des terres » au niveau mondial. D’un côté, des gouvernements préoccupés par l’insécurité alimentaire qui recourent à des importations pour nourrir leurs populations s’emparent de vastes territoires agricoles à l’étranger pour assurer leur propre production alimentaire offshore. De l’autre, des sociétés agro-alimentaires et des investisseurs privés, affamés de profits dans un contexte d’aggravation de la (...) lire
Nous vous garantissons un très bon riz étuvé à 9 000 F CFA le sac de 25 kg Le 16 octobre 2008, journée mondiale de l’alimentation, j’étais à Bama, au milieu des rizières, pour assister au lancement d’une campagne de plaidoyer en faveur de la justice économique. Cette « Campagne Justice Economique » réclame plus de justice en faveur des hommes et des femmes du monde rural. Au cours de cette manifestation, nous avons pu assister à un évènement dont l’importance, je l’espère, se révèlera dans les prochains (...) lire
Au cours de l’année 2000, les chefs d’État ou de gouvernement de l’ensemble des pays de la planète, réunis dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations Unis, définirent huit objectifs1 devant être atteints en 2015, pour faire avancer le développement et disparaître la pauvreté. L’enjeu du développement était ainsi placé au premier rang des préoccupations de l’humanité et la présence des décideurs politiques au plus haut niveau donnait aux objectifs du Millénaire pour le développement la force d’un engagement (...) lire
Les conditions climatiques plus rigoureuses et l’accès limité aux ressources de base, notamment la terre, risquent de mettre en péril la vie et les moyens d’existence de plusieurs groupes de populations autochtones qui détiennent pourtant la clé de notre survie à long terme, souligne la FAO à l’occasion de la Journée internationale des populations autochtones, célébrée chaque année le 9 août par décision de l’Assemblée générale de l’ONU. (...) lire
Le Parlement européen , — considérant que cette année marque le 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, qui consacre, en son article 25, paragraphe 1, le droit à l’alimentation, — vu les conclusions du sommet alimentaire mondial de 1996 et l’objectif de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici 2015, — vu les obligations contenues dans le pacte international des Nations unies relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, et notamment (...) lire
Sur le continent africain, la plupart des citoyens n’ont pas à leur tête un dirigeant qui représente la "vérité des urnes", encore faut-il qu’il y ait eu des élections libres et transparentes sans annonces unilatérales du pouvoir en place. Aussi, en l’absence d’un "paysage politique sincère", il n’est pas inutile de rappeler les liens parfois insoupçonnés entre l’actuelle crise alimentaire et la démocratie en Afrique. Un paradoxe veut que le nombre de tracteurs pour 100 km2 de terre arable a chuté en (...) lire
Le Président du Brésil Luiz Inácio Lula da Silva a annoncé, lors de l’ouverture des travaux de la 30e Conférence régionale de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes, qu’il avait accepté l’invitation de M. Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, à participer au “Sommet sur la sécurité alimentaire” qui se tiendra du 3 au 5 juin 2008 au siège de la FAO, à Rome. Lire Lire également la "Situation Alimentaire Mondiale" dans le site de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et (...) lire
Cela coûte cher d’être pauvre ! Il est plus facile de lutter contre la vie chère quand on est riche que lorsque l’on est pauvre. Cela vaut pour les individus comme pour les gouvernements. Le gouvernement burkinabè en fait aujourd’hui la triste expérience. Mais gouverner, c’est prévoir ! Dans le quotidien burkinabè Sidwaya du vendredi 29 février, nous pouvons lire : « Le gouvernement burkinabè, en son conseil des ministres du mercredi 27 février 2008, a décidé à titre exceptionnel d’exempter des droits (...) lire
Le « partenariat sur l’éthanol », lancé en grandes pompes par les Etats-Unis et le Brésil le 9 mars dernier, marque une nouvelle étape dans les stratégies énergétiques des grandes puissances, tout comme la décision de l’Union Européenne de remplacer 5,75% des besoins en carburants routiers par des agrocarburants en 2010 et 20% en 2020. L’engouement est tel que l’on parle déjà d’ « OPEP de l’éthanol ». Ces politiques s’inscrivent dans une recherche d’alternatives à faibles coûts aux énergies fossiles (pétrole, (...) lire
Différents mouvements issus de la société civile ont pris l’initiative d’organiser un Forum mondial sur la souveraineté alimentaire au Mali (Sélingué), du 23 au 27 février 2007. Face à l’échec des politiques néolibérales et à la détérioration des conditions de vie des populations urbaines et rurales, la souveraineté alimentaire intéresse un nombre croissant de décideurs politiques et de mouvements de la société civile. Un collectif composé des Amis de la Terre International, de Via campesina, de la Marche des (...) lire
Les seules personnes qui pensent que l’agriculture biologique peut nourrir le monde sont des hippies à l’imagination délirante, des mères hystériques et des agriculteurs biologiques arrogants. Vrai ? En réalité, non. Un bon nombre de dirigeants de l’industrie agricole, de scientifiques
spécialisés dans l’environnement et dans l’agriculture et d’experts agricoles internationaux pensent qu’une transition à grande échelle vers l’agriculture biologique permettrait non seulement d’augmenter l’approvisionnement alimentaire
mondial mais serait peut-être même la seule manière d’éradiquer la famine.
Cela peut paraît surprenant. Après tout, les agriculteurs biologiques rejettent les pesticides, les engrais synthétiques et les autres outils devenus synonymes d’agriculture à haut-rendement. Au lieu de cela, ils dépendent de l’élevage pour avoir du fumier et doivent faire pousser des haricots, du trèfle ou d’autres légumes fixateurs d’azote et fabriquer du compost ou d’autres formes d’engrais
qui ne peuvent être produits dans des usines chimiques mais qui doivent être cultivés - et qui consomment donc de la terre, de l’eau et d’autres ressources. Dans la mesure où les agriculteurs biologiques s’interdisent l’utilisation
de pesticides synthétiques, on peut penser que leurs cultures sont dévorées par des hordes d’insectes, leurs fruits frappés par la pourriture brune des cabosses et leurs plantes étouffées par les mauvaises herbes. De plus, comme l’agriculture biologique nécessite une rotation des cultures pour aider à contrôler les parasites, on ne peut plus cultiver aussi souvent dans le même champ du blé, du maïs ou tout autre produit.
Ces dernières années, l’agriculture biologique a attiré une plus grande attention, pas seulement de la part des critiques qui craignent que son adoption à grande échelle ne conduise des milliards de personnes à la famine, mais aussi de la part des agriculteurs et des agences de développement qui pensent qu’une telle transition pourrait être bénéfique pour les populations affamées. Malheureusement, à ce jour, personne n’avait cherché à établir par une analyse systématique si une transition généralisée vers l’agriculture biologique se heurterait au manque de nutriments et à une production insuffisante. Les résultats sont saisissants.
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Le quotidien burkinabè "Le Pays" publie dans son numéro du 10 novembre son compte-rendu du Forum de Niamey sur la Souveraineté alimentaire. Le forum sur la souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest organisé par le ROPPA (Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest) s’est ouvert le 7 novembre 2006 à Niamey. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Premier ministre du Niger, Hama Amadou, devant plus de 300 participants. Le ton était au dialogue entre décideurs (...) lire
Fin juin 2006, l’Assemblée nationale du Mali adoptera la nouvelle Loi d’Orientation Agricole (LOA). « C’est un événement majeur dans l’histoire du développement agricole » affirme Ibrahima Coulibaly, président de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP). L’enjeu et les attentes de l’ensemble des paysans maliens sont importants puisqu’il s’agit de « moderniser l’agriculture et d’en faire le moteur de l’économie rurale ». lire
"La souveraineté alimentaire désigne le DROIT des populations, de leurs Etats ou Unions à définir leur politique agricole et alimentaire, sans dumping vis à vis des pays tiers." Adoptant le point de vue du mouvement paysan, cet article explique le concept de la souveraineté alimentaire et les effets sur l’alimentation des politiques néolibérales. lire
Un regard du Burkina Faso autour le débat sur la souveraineté alimentaire, qui souligne en particulier la distinction entre les villes et les villages face à cet enjeu. lire
Une analyse du secteur laitier et des conséquences des importations de lait (et du "dumping") sur la production locale. C’est aussi une étude des incidences sur la sécurité alimentaire et la pauvreté au Burkina Faso. lire
D’après GRAIN et beaucoup d’autres groupes civiles, les cultures GM sont complètement incompatibles avec la souveraineté alimentaire. Cet article décrit les effets d’un lobby pro-OGM très offensif sur la législation de la biosécurité dans les pays africains, asiatiques et du Amérique Latin. Pourtant, il souligne aussi les mouvements sociales en opposition de plus en plus mobilisés et sophistiqués.
Des délégués de la FIMARC (Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques), se sont rassemblés à Cotonou (Bénin) du 09 au 26 novembre 2002 pour réfléchir aux conséquences de la mondialisation sur leurs activités. Il en ressort entre autres que les règles commerciales établies au sein de l’OMC favorisent les pays riches, que les programmes d’ajustement structurel continuent de provoquer de considérables dégâts et que les progrès technologiques ne sont pas au service des ruraux, que « l’autodétermination des gens est devenue un terme vide de sens ». Face à cela, ces paysans en appellent à faire alliance avec d’autres mouvements et organisation de la société civile qui partagent les mêmes objectifs, mener des actions de lobby, construire de nouveaux modèles de développement, prendre toutes les mesures effectives pour collecter et préserver les semences traditionnelles et de soutenir les mesures destinées à lutter contre la spéculation financière. lire
« Quelle est la gravité de la malnutrition des plus de 800 millions de personnes sous-alimentées dans le monde ? Un nouvel instrument d’évaluation de la gravité de leurs besoins a été inséré dans le dernier numéro de "L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde" (SOFI 2000) de la FAO. Il sert à mesurer, en kilocalories, le déficit alimentaire par personne de la population sous-alimentée dans chaque pays et vise à évaluer le degré de malnutrition.
« Selon le rapport, 826 millions d’habitants de la planète n’ont pas suffisamment à manger, dont 792 millions de personnes dans les pays en développement et 34 millions dans les nations industrialisées et les pays en transition. Ces chiffres ne constituent pratiquement aucun changement par rapport au dernier bilan : un bien triste signe de l’incapacité du monde d’intervenir de façon adéquate à une époque de prospérité sans précédent.
« Selon la FAO, le nombre de personnes souffrant de la faim dans les pays en développement a reculé de 8 millions par an durant la première moitié des années 90. Mais si nous devons tenir l’engagement pris lors du Sommet mondial de l’alimentation en 1996 - réduire de moitié, d’ici à 2015, le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde - ce nombre devrait être non pas de 8, mais de 20 millions de personnes par an.
« On note toutefois quelques progrès à l’horizon. Les projections de la FAO pour 2015 suggèrent que, du fait de l’essoufflement de la croissance démographique et des accroissements de productivité et de revenus, un nombre grandissant de personnes sera arraché à l’étreinte de la faim.
« Cependant, ces personnes ne peuvent attendre encore 15 ans. Les multiples causes de la sous-alimentation - de la pauvreté et des conflits au manque d’infrastructures et aux investissements limités dans l’agriculture - exigent un regain d’attention dans le monde entier, tant au niveau des villages qu’à celui de la communauté internationale. Un monde qui jouit d’une prospérité record a l’obligation morale de garantir que chaque habitant de la planète jouisse du droit d’être libéré de la faim. »
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Dans cet article, Amartya SEN répond à quatre questions :
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